mercredi 20 juin 2012

Dodecahedragraph-Motus (PFNR13-Pharmafabrik) 2011/2012





Derrière ce pseudo laborieusement prononçable qu'est Dodecahedragraph se cache Neven M. Agalma, producteur slovène au look de métalleux à l'ancienne. Après avoir étudié la philosophie dans son pays natal, Neven s'est spécialisé dans les musiques électroniques et en est donc à son troisième coup d'essai après un Soterag sorti en 2007, qui dévoilait déjà un potentiel technique impressionnant. Ses pistes, souvent dénuées de beat, mettaient en avant un dark ambient couplé d'expérimentations écorchées à vif. La recette fut la même avec l'opus suivant, Colourless, à l'exception près que le rythme était plus présent.


Presque 4 ans après, Dodecahedragraph nous livre donc sa nouvelle galette, 1 heure 40 de noirceur répartie sur pas moins de.... 26 pistes! Ça fait peur.
Le slovène axe ses expérimentations sur les textures et le glitch poussé à l'extrême. Si le résultat peut paraître souvent bien abrupt, tout est pourtant extrêmement bien pensé. Le fruit de son travail est pleinement surréaliste et déchiré en tout point. Ce gars là est un véritable enfant qui triture ses jouets en plastique. Mais un enfant bien dérangé disons-le: il prend sa babiole, la secoue, la tord, la mordille, lui arrache des morceaux, la balance dans tout les sens jusqu'à la rupture. Son but est de lacérer le son au maximum, pour ne garder que quelques particules de ce qui fut sûrement qu'un simple son ordinaire. 


Sa musique est incontestablement cérébrale, mais je ne pense pas être en mesure de comprendre toute l'étendue de la démarche du philosophe. En voyant le nom des pistes, on se demande si le type n'est pas une machine fusionné avec une autre. Le beat est bien présent, et chaleureusement gonflé pour en sortir souvent des kick qu'on sent bien passer dans les tympans (Stubmap, Sentinel, qui déchire ses synthlines comme une vulgaire feuille de papier, Actstub, de la pure schizophrénie!). À ce niveau là, ne manquez sous aucun prétexte Self.__batcher,  piste terrifiante au beat sorti d'on ne sait où. Le jeu de batterie est comme enfermé dans une capsule métallique, rendant l'ambiance on ne peut plus oppressante. Toutefois, n'allez pas imaginer que c'est un pur bourrin de première classe, le bonhomme sait s'y prendre avec plus de tact quant aux mélodies qu'il emploie, posées souvent en complément de ses essais plus escarpés. En témoigne T(re).get_nowait, à la mélodie déchirante de mélancolie, ou encore Aether E, longue balade ambient fine et apaisante (ça fait du bien aussi) ainsi que le dernier morceau, Target_list [Cauda], concentré ambient minimaliste assez angoissant...


Soyons honnêtes, ce gars là est un génie. À mi-chemin entre un Aphex Twin, un Access to Arasaka et Autechre à l'époque de l'EP7, Dodecahedragraph connaît parfaitement ses machines, et en use pour explorer les plus sombres recoins de notre cortex. Je vous accorde que l'écoute peut-être parfois ardue, car certaines pistes sont difficiles d'accès, je n'ai pas pu les écouter moi même. Mais cela n'enlève rien au talent de ce slovène qui cumule tout juste une trentaine de petit fans sur le réseau  facebook... Et qui devrait cette année réserver de nombreuses surprises! 
Affaire à suivre, en attendant je vais voir s'il n'y a pas de monstres sous mon lit, sait-on jamais.




Have Faith!




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